Invest in low-volatility stocks with high-dividend returns

You want to have a global view  on the net dividends distributed by companies quoted on the Brussels’ Stock Exchange ? This post is for you.

You want to invest in the lowest volatile Belgian stocks? This post is also for you.

The first column represents the closed prices on August, 24 2015. The second column represents the downside risk. Moreover, I also compute some risk measures such as volatility, Value-at-Risk (1%) and Expected Shortfall (1%). These statistics, expressed in %, are computed on a 10-year basis. The tickers are Yahoo Finance’s tickers.

My favorite stocks are Befimmo, Cofinimmo, Engie and QRF: downside risk lowest than 25%, dividend return higher than 3.5% (net) and volatility lower than 2%.

Price return_min (%) % net dividend Volatility (%) VaR (1%) ES (1%)
^BFX 3265.59 -53.23 NA 1.31 -3.556 -4.972
ABI.BR 91.28 -87.46 2.465 1.978 -5.381 -9.117
ABLX.BR 11.5 -80.43 0 2.633 -7.308 -9.819
ACKB.BR 123 -74.45 1.189 1.631 -4.726 -5.923
AED.BR 49.5 -49.08 2.879 1.285 -3.637 -4.735
AGS.BR 34.51 -98.35 3.369 19.059 -9.121 -15.416
AGFB.BR 2.236 -53.94 0 3.133 -8.182 -13.122
ARGX.BR 9.62 -31.39 0 2.934 -7.991 -11.16
ASC.BR 55.01 -35.41 2.045 1.342 -4.025 -5.507
ATEB.BR 39.895 -46.66 3.76 1.907 -4.538 -7.538
BANI.BR 7.799 -16.37 0 1.807 -5.092 -6.282
BAR.BR 53.54 -81.7 2.241 2.34 -6.658 -10.297
BEFB.BR 54.07 -20.99 4.785 1.545 -4.091 -5.68
BEKB.BR 24.51 -28.56 2.601 2.935 -6.318 -11.289
BELG.BR 30.03 -45.65 3.75 1.372 -4.271 -5.447
BPOST.BR 21.185 -33.92 4 1.154 -2.786 -4.519
BREB.BR 36.91 -72.88 1.321 1.526 -4.241 -6.477
CPINV.BR 13.62 -1.54 3.469 1.429 -4.127 -6.212
CYAD.BR 40.84 -69.39 0 3.656 -6.216 -9.389
CFEB.BR 114 -85.2 1.316 2.312 -6.318 -8.108
CMB.BR 12.48 -3.73 0 2.26 -6.196 -8.76
COFB.BR 91.2 -22.17 4.523 1.232 -3.424 -5.116
COLR.BR 41.05 -33.7 1.827 2.052 -3.381 -8.113
COMB.BR 225 -41.33 2.453 1.571 -4.516 -7.207
DELB.BR 74.28 -65.52 1.181 1.772 -4.855 -6.892
DIE.BR 31.195 -12.29 1.443 2.636 -5.353 -10.184
ECONB.BR 7.315 -38.48 1.23 2.502 -5.385 -9.789
ELI.BR 35.765 -41.87 3.229 0.962 -2.622 -3.753
EURN.BR 10.885 -72.9 1.723 2.605 -6.849 -8.431
ENX.PA 37.1 -53.32 1.274 1.866 -4.624 -5.376
EVS.BR 21.595 -1.92 6.946 2.306 -6.082 -9.617
EVS.BR 21.595 -1.92 6.946 2.306 -6.082 -9.617
EXM.BR 9.06 -56.95 4.139 2.343 -6.596 -10.022
GIMB.BR 39.5 -30.35 4.652 1.811 -4.382 -8.139
GSZ.PA 15.06 -6.24 3.65 1.916 -4.927 -6.807
GRYFO.BR 13.65 -53.11 0 1.991 -4.672 -6.649
HAMO.BR 9.11 -56.09 0 3.275 -8.199 -10.465
HOMI.BR 82.5 -55.09 3.409 1.444 -4.059 -5.596
IBAB.BR 24.01 -84.05 0 2.523 -6.563 -7.9
IMMO.BR 43.51 -74.65 0 1.699 -4.505 -7.55
INTO.BR 21.14 -21.19 4.967 2.236 -5.627 -8.91
JEN.BR 19.51 -80.01 0 2.275 -6.106 -9.484
KBC.BR 54.38 -89.89 2.758 3.643 -10.155 -15.237
KIN.BR 35.025 -58.46 1.392 2.327 -4.378 -8.613
LEAS.BR 81.61 -45.59 4.136 1.798 -4.914 -7.089
LOTB.BR 1425 -92 0.653 1.444 -3.662 -4.939
MELE.BR 37.7 -91.17 0 2.11 -5.883 -7.34
MOBB.BR 17.64 -41.89 0 1.742 -4.615 -7.785
MONT.BR 33.08 -41.85 4.466 1.4 -3.885 -5.394
NYR.BR 1.936 -47.78 0 3.379 -8.839 -12.249
ONTEX.BR 25.3 -29.98 0.563 1.642 -3.964 -5.127
PIC.BR 44.5 -96.85 0 2.855 -8.864 -12.543
QFG.BR 9.29 -71.58 5.813 7.08 -17.659 -33.024
QRF.BR 25.495 -6.65 3.824 0.969 -2.727 -3.473
REC.BR 5 -67.97 3 2.148 -5.721 -7.722
BIL.BR 6.36 -39.62 0 1.79 -4.754 -6.61
RES.BR 146.5 -83.62 0.973 1.562 -3.829 -5.021
RET.BR 66.49 -56.18 3.497 1.233 -3.098 -5.392
ENGB.BR 195 -37.9 3.077 1.972 -5.496 -7.443
ROU.BR 14.2 -35.92 0 2.405 -6.468 -9.12
SAP.BR 28.7 -5.56 0 1.783 -4.429 -6.766
SIOE.BR 14.02 -80.88 1.979 2.179 -6.146 -8.293
SIP.BR 40.98 -56.32 2.288 2.599 -5.385 -10.62
SOF.BR 97.5 -54.48 1.315 1.41 -4.088 -5.538
SOFT.BR 1.93 0 0 2.146 -5.382 -8.632
SOLB.BR 100.1 -58.04 2.547 1.798 -4.999 -6.139
SOLV.BR 110 -52.27 3.218 1.67 -4.76 -6.615
SEV.PA 15.065 -47.73 2.427 1.916 -5.102 -6.532
TNET.BR 48.4 -79.57 0 1.818 -4.459 -7.911
TERB.BR 75.9 -55.07 2.47 1.392 -3.929 -5.149
TESB.BR 31.39 -50.09 0 1.975 -5.563 -7.253
THR.BR 4.36 0 0 2.528 -6.16 -9.965
TIG.BR 0.881 -77.3 0 3.913 -9.073 -14.396
TUB.BR 51.3 -78.44 0.702 1.924 -4.794 -7.561
UCB.BR 64.59 -72.85 1.231 1.78 -4.389 -6.309
UMI.BR 34.085 -69.87 2.2 2.779 -6.486 -11.246
VAN.BR 51.27 -59.12 5.12 1.498 -3.817 -5.182
WDP.BR 67.09 -52.66 3.801 1.348 -3.674 -5.187
WEHB.BR 94 -57.66 3.67 1.915 -5.013 -7.172
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Les petites banques, une solution pour une meilleure stabilité financière?

Depuis l’occurrence de la crise financière la plus importante depuis la grande récession des années 30, le paysage financier et bancaire est entrain de changer sous l’impulsion des nouvelles règles prudentielles, par exemple avec Bâle III. C’est une très bonne chose que toutes les banques doivent augmenter leurs fonds propres afin de pouvoir faire face aux futures crises, que ce soit des problèmes de liquidité sur une période de temps plus ou moins longue, ou une crise plus profonde.

Vu la globalisation de l’économie, l’interconnexion de plus en plus importante entre les différents acteurs financiers (les banques, les assurances mais aussi l’ensemble de tous les autres services financiers) et surtout l’omniprésence de la finance au sein de l’économie réelle, il est également primordial d’imposer des fonds propres supplémentaires pour les banques dites systémiques, afin qu’elles puissent répondre à un choc sans mettre en péril l’ensemble du système financier. Les banques systémiques sont des institutions financières susceptibles de mettre à mal l’ensemble du système financier, ce qui est potentiellement porteur d’une crise financière. Bâle III veut s’attaquer aux banques systémiques, ce qui est nécessaire mais deux éléments peuvent lui être reprochés.

Premièrement, le Comité de Bâle se focalise en priorité sur les banques au lieu de prendre également en compte d’autres institutions financières.  Effectivement, il n’y a pas que les banques qui peuvent entrainer un dysfonctionnement du système financier, il y a également d’autres institutions financières. Les assurances en sont un très bon exemple. Elles ont un business model moins risqué avec peu d’activités de crédit. Elles se financement principalement via les détenteurs de police d’assurances (c’est-à-dire sur du long-terme) et présentent donc une structure du bilan plus stable. Néanmoins, le grand assureur américain AIG a participé activement à la crise financière via l’exposition de sa filiale AIG Financial Products, filiale basée à Londres et qui investissait massivement dans des produits complexes. La structure d’AIG groupe étant fortement fragile, elle a dû faire face à une crise de liquidités le 16 septembre 2008. Sans l’aide de l’état Américain et de la Fed (Banque centrale américaine) qui ont injecté de grosses sommes (par exemple, la Fed a versé, officiellement, 180 milliards de dollars), AIG n’existerait plus à l’heure actuelle. Elle a été sauvée afin de ne pas entrainer le système dans une crise encore plus grande qu’elle ne l’était déjà. D’autres exemples (avec le fond spéculatif Long Term Capital Management en 1998) existent et montrent qu’une institution financière, qu’elle soit bancaire ou autre, peut être le déclencheur d’une crise financière qui potentiellement peut s’étendre à l’ensemble de l’économie réelle.

Deuxièmement, il existe de nombreuses méthodologies afin d’évaluer le risque systémique, mais elles sont loin de faire l’unanimité puisqu’aucun consensus n’existe. Elles présentent chacune leurs avantages et leurs inconvénients qu’il est très difficile de déterminer si une institution est systémique ou non. Effectivement, selon le choix de la mesure de risque systémique, les institutions porteuses de ce risque peuvent être totalement différentes, ce qui n’aide aucunement à la prise de décision. Dès lors, subsiste toujours le risque qu’une banque, déclarée comme non-systémique, soit le déclencheur d’une potentielle crise future.

Que faire dans un tel environnement ? Comment faire pour que les problèmes liés au secteur financier ne se répercutent plus à l’ensemble de l’économie réelle ? Des solutions existent comme par exemple l’exigence de fonds propres plus importants pour l’ensemble des acteurs du monde financier, et plus particulièrement pour les plus importants. Une autre solution, utopique je l’admets, serait d’imposer une séparation des activités financières au sein des établissements financiers. De cette manière, un établissement financier ne pourrait fournir qu’un nombre limité de services, ce qui améliorerait sa transparence et surtout sa gestion des risques. Prenons l’exemple des banques commerciales. Une réduction de taille des plus grandes banques ainsi qu’un recentrage de leurs activités permettrait de mieux contrôler les risques auxquels elles font face. Selon moi, les banques à taille humaine se limitant à quelques services sont plus facilement contrôlables vu que leur business model est limité et que leurs comptes annuels sont nettement plus déchiffrables que ceux des grandes banques.

Bien entendu, recourir à des petites banques demande un changement de mentalité de la part des clients, ce qui n’est pas près d’arriver vu que ceux-ci exigent de plus en plus un seul et unique intermédiaire pour l’ensemble de leurs opérations financières. Dès lors, par notre comportement, nous aussi contribuons à ce que les grandes banques deviennent encore plus grandes, au détriment d’un système financier plus stable et plus transparent.

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Attendre, avant d’y voir plus clair

Depuis quelques jours, les marchés financiers sont de plus en plus volatiles et terminent régulièrement leur séance dans le rouge, surtout pour les marchés américains. Ils sont suspendus, d’une part, au « government shutdown »  aux États-Unis. En effet, le Congrès n’est pas parvenu à se mettre d’accord sur le budget 2014 malgré une date limite initialement fixée au 30 septembre. Les Républicains (majoritaires à la Chambre des représentants) et les Démocrates (majoritaires au Sénat) se renvoient la balle continuellement puisqu’ils sont incapables de trouver un compromis sur le budget 2014, chacun voulant protéger ses propres intérêts. Dès lors, sans accord sur le budget, de nombreux fonctionnaires de l’administration américaine ont été mis au chômage économique puisqu’aucun cadre légal n’a pu être établi. Néanmoins, les services essentiels (Police, Armée, Pompiers, Sécurité Sociale,…) sont quand même maintenus, afin d’éviter une paralysie totale du pays. Ce « shutdown » n’est pas la principale inquiétude des marchés financiers même si il est fort probable que cela entrainera une diminution de la croissance du PIB américain (en effet, les fonctionnaires qui ne sont pas payés vont réduire de manière significative leur consommation). Selon IHS (une société américaine de recherche sur les marchés financiers), le « shutdown » a coûté 1.6 milliard de dollars la semaine passée.

D’autre part, l’absence d’accord sur le relèvement du plafond de la dette aux États-Unis représente la plus grande partie de la volatilité observée récemment (Pour ceux qui n’ont aucune idée de ce qu’est le plafond de la dette, je vous invite à lire l’article suivant : http://www.lecho.be/dossier/journal/Le_plafond_de_la_dette_US_pour_les_nuls.9416641-2971.art). En résumé, ce plafond de la dette représente le montant maximum des dettes que le gouvernement peut avoir. Ceci est fait dans l’unique but de contrôler les dépenses du gouvernement et cette limite est fixée par le Congrès. Si les Républicains et Démocrates ne se mettent pas d’accord sur un relèvement du plafond de la dette avant le 17 octobre (date d’estimation à laquelle le gouvernement américain n’aura probablement plus assez de fonds pour payer les intérêts sur sa dette), les États-Unis seront techniquement dans une situation de défaut puisqu’ils ne seront plus capables d’emprunter sur les marchés financiers pour rembourser leurs dettes. Une telle situation n’est pas du tout souhaitable, puisque si elle se produit, cela entrainerait une perte de confiance importante des acteurs de marché dans la fiabilité des États-Unis. Une perte de confiance se reflèterait directement sur les taux d’intérêt qui exploseraient, entrainant un krach aussi bien sur le marché des actions que des obligations, mais également une récession très grave.

Bien entendu, nous ne sommes pas encore à ce point et même si l’ensemble des acteurs de marché sondés par Bloomberg prédit une crise sans précédent en cas de non-relèvement du plafond de la dette, cette situation est improbable selon ces mêmes personnes. Effectivement, lorsque j’entends ou lis des propos d’acteurs de marché, la quasi majorité évoque une probabilité nulle pour ce type de situation. Ils font confiance au Congrès et sont certains qu’un accord sera trouvé entre Républicains et Démocrates et que le relèvement de la dette sera opéré.

Malgré cette confiance aveugle qu’ont les acteurs de marché envers les politiciens américains, certains faits montrent qu’il est nécessaire de ne pas négliger cet événement (dont la probabilité d’occurrence est extrêmement faible mais pas nulle, ce qui rend les conséquences encore plus catastrophiques si celui-ci se passe). En effet, le VIX (l’indice représentant la volatilité future, également appelé « l’indice de la peur ») a gagné plus de 50% entre le 20 septembre (13.12) et aujourd’hui (20.34), ce qui montre bien la tension à laquelle doivent faire face les marchés. Cet indice de volatilité évolue actuellement à son niveau le plus haut de l’année, ce qui reflète très bien la crainte actuelle des intervenants de marché, malgré les propos optimistes qu’ils peuvent tenir devant les caméras.

Que cela soit aux États-Unis, en Europe ou en Asie, la majorité des indices nationaux sont également orientés à la baisse depuis plusieurs jours. A titre illustratif, le S&P 500 reste sur 11 séances de baisse lors des 14 dernières séances. Bien entendu, ces baisses ne sont pas d’une très grande ampleur et semblent être contrôlées, mais la persistance de celles-ci doit inciter à la prudence.

En effet, même si de nombreuses opportunités d’achat se dessinent grâce à une baisse continue du prix des actions, il est nécessaire de rester très prudent et surtout patient afin de voir si le Congrès américain est capable de trouver un accord sur le relèvement du plafond de la dette. Afin de ne pas être exposé à cet événement peu probable mais aux conséquences désastreuses, attendre semble être la meilleure stratégie à adopter, avant d’y voir plus clair…

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Le vin, une alternative d’investissement

A l’heure actuelle, bon nombre d’investisseurs se demandent dans quoi investir. En effet, les taux d’intérêt que proposent les banques sont très faibles et ne permettent pas de se protéger entièrement contre l’inflation. Ensuite, beaucoup de marchés financiers se retrouvent à des sommets et les investisseurs commencent à se rendre compte que ces hausses n’étaient pas justifiées par rapport aux mauvais fondamentaux de l’économie. Les marchés ont subi des pertes importantes la semaine passée, ce qui n’était plus arrivé depuis plus de 10 mois et beaucoup de personnes se demandent si les marchés ne vont pas se retourner.

Tout d’abord, de manière générale, avant d’investir de l’argent, il faut bien connaître le marché dans lequel on souhaite investir, faire des recherches et se faire sa propre opinion. Ensuite, chaque investisseur a tout intérêt à avoir un portefeuille un minimum diversifié, c’est-à-dire qu’il ne doit pas mettre tout son patrimoine dans une seule catégorie d’actifs mais qu’il doit le diversifier en fonction de son profil de risque. Enfin, il n’existe aucun investissement sans risque et si l’investisseur décide d’investir dans des produits avec un haut potentiel de rendement, ces produits présentent également un potentiel élevé de baisse.

Cet article poursuit l’unique objectif de mettre en avant une alternative aux investissements classiques, le vin.  Regardons de plus près l’évolution de la valeur du vin par rapport aux actions.
Sans titre2 Sans titre3

Les deux premiers graphiques montrent bien que sur une période de long terme, les indices Liv-ex fine Wine 100 et Liv-ex fine Wine Investables sont nettement moins sujets aux périodes de baisse. La volatilité mensuelle de ces deux indices tourne autour de 3% alors que celle de l’EuroStoxx50 et du CAC40 est de l’ordre de 5.5%. D’après ces deux graphiques, nous pouvons conclure que la volatilité mensuelle du vin est plus faible que celle des actions, ce qui laisse sous entendre un risque plus faible pour le marché du vin.

La corrélation entre le Liv-ex fine Wine 100 et l’EuroStoxx50 (et respectivement le CAC40) sur la période juillet 2001- décembre 2012 est égale à 0.221 (respectivement 0.237) alors que la corrélation entre les deux indices d’actions est égale à 0.98, ce qui montre bien que les indices d’actions sont fortement corrélés entre eux. En période de crise, les actifs financiers tendent même à être plus corrélés, ce qui rend la recherche d’alternative d’investissements primordiale.

Le troisième graphique montre bien que si un investisseur avait investi le 31 juillet 2001 dans le Liv-ex fine Wine 100, il aurait eu un rendement annualisé de 8.21% alors que le même investissement dans l’EuroStoxx50 aurait été un mauvais investissement (rendement annualisé de -3.33%. Même chose pour le CAC40 où le rendement annualisé aurait été égal à -2.54%).

Pourquoi la valeur du vin a augmenté si rapidement ces dernières années? Premièrement, la demande a fortement augmenté ( grâce aux pays émergents comme la Chine, la Russie et l’Inde) et l’offre s’est stabilisée. Deuxièmement, l’accès à cet investissement alternatif est de plus en plus accessible, ce qui détourne les investisseurs des produits traditionnels (actions, obligations). Enfin, lors de crash sur les marchés financiers, les investisseurs n’hésitent plus à se tourner vers des investissements alternatifs comme le vin puisqu’ils sont peu corrélés avec les actions.

Enfin, avant d’investir dans le vin, il est essentiel de prendre en compte plusieurs éléments. Tout d’abord, il existe différents facteurs qui déterminent la valeur du vin : sa qualité, ses conditions de stockage, sa longévité, sa rareté et ses origines. Ses facteurs doivent être correctement étudiés et compris avant quelconque investissement dans le vin. Deuxièmement, il est très important d’investir dans des vins ayant une bonne réputation car si votre fournisseur tombe en faillite, vous pouvez perdre jusqu’à l’entièreté de votre investissement. Troisièmement, il ne faut pas oublier que chaque investissement présente des risques. Enfin, les coûts liés au stockage des bouteilles de vin et à l’achat du vin peuvent varier fortement en fonction des intermédiaires et doivent être pris en compte.


 

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Les canaux théoriques de la contagion

Cet article a pour objectif d’énumérer les différents canaux théoriques de la contagion et fait suite au précédent article « La contagion et le risque systémique : définition et origine ».

Il existe deux types de canaux : ceux qui ne dépendent pas de la crise et ceux qui en dépendent.

Dans la littérature, cinq canaux de la contagion qui ne dépendent pas de l’occurrence d’une crise ont été identifiés. Le premier canal est le canal commercial. Un premier  exemple montre qu’une perte de compétitivité d’un pays B peut être la conséquence d’un évènement qui se déroule dans un autre pays A. Cet évènement peut, par exemple, être une dévaluation de la monnaie, ce qui améliorerait la compétitivité de l’économie du pays A au détriment du pays B. En effet, lorsqu’un pays A décide de dévaluer sa monnaie, cela lui permettra d’augmenter ses exportations au détriment du pays B dont la devise est toujours relativement forte. Cette perte de compétitivité du pays B est perçue comme une faiblesse économique par les agents économiques qui vont retirer leurs capitaux et l’économie de ce pays pourrait dévaluer sa monnaie pour lutter contre cela, ce qui, à terme, pourrait entrainer une crise de change. Un deuxième exemple du canal commercial concerne le risque de contrepartie. Ce risque représente une situation dans laquelle un défaut d’une entreprise provoque un bouleversement financier pour ses créanciers mais également pour les autres entreprises ayant des liens directs avec la firme en mauvaise santé financière. Ceci peut entrainer un problème pour la (les) contrepartie(s), provoquant à ce moment-là une cascade de défauts. Un dernier exemple peut être développé afin de bien comprendre l’importance des liens commerciaux dans le processus de transmission d’un choc. Si une crise se déroule dans un pays, cela entraîne généralement une baisse des revenus des citoyens de ce pays et par conséquent, une baisse des importations. Cette dernière provoquera une baisse des exportations pour un pays directement lié au pays en crise, affectant sa balance des paiements ainsi que les fondamentaux de son économie.

Le deuxième canal de la contagion, la coordination politique, est un canal de transmission selon lequel des accords préétablis entre deux pays inciteraient l’un des deux à suivre une même politique afin de répondre à un choc économique.

Le troisième canal indépendant de la crise est la réévaluation d’un pays (ou d’une entreprise) de la part des investisseurs. Ces derniers n’hésitent pas à réévaluer leur anticipation de crise sur un marché lorsqu’un autre marché similaire, soit au niveau de sa structure ou de sa politique macroéconomique, subit un choc. Par exemple, si un pays avec un système bancaire risqué doit faire face à une crise, alors les investisseurs n’hésiteront pas à réévaluer le système bancaire d’autres pays. Récemment, avec ce que nous avons pu voir lorsqu’il a fallu sauver Chypre, des doutes ont été émis sur d’autres pays, comme la Slovénie, le Luxembourg ou la Suisse, dans lesquels le système bancaire est très (trop ?) grand.

Le quatrième canal est la présence d’un choc commun aléatoire qui pourrait affecter simultanément les fondamentaux de plusieurs économies (et par conséquent, ceux de nombreuses entreprises). Par exemple, ce choc commun peut faire référence à un choc pétrolier ou une augmentation soudaine des taux d’intérêt.

Un cinquième canal est le canal financier et implique que les pays soient liés entre eux car ils possèdent des titres financiers émis par des pays voisins. Si une crise survient dans un pays, cela peut avoir un impact financier direct sur d’autres pays. Ces derniers vont choisir de réduire les crédits offerts au pays en difficulté mais également les investissements faits dans ce pays. Le pays en difficulté se verra dans l’obligation de peut-être diminuer son offre de capital et d’investissements pour d’autres pays, mais également ses prêts envers les banques étrangères, ce qui peut entrainer de mauvaises surprises pour les pays qui ont des liens financiers importants avec ce pays.

Ces cinq canaux de la contagion sont des canaux non conditionnés par l’occurrence d’une crise, ce qui signifie que les mécanismes de transmission d’un choc sont les mêmes aussi bien pendant des périodes de crise que pendant des périodes plus calmes. Ils sont souvent appelés « liens réels » puisque nombre d’entre eux sont basés sur des fondamentaux économiques.

Ensuite, il existe plusieurs autres canaux de la contagion dont l’existence et l’activité sont conditionnées par la crise, ce qui signifie qu’ils apparaissent uniquement lors d’une période de crise et n’existent pas durant des périodes plus stables. Ces autres canaux permettent d’identifier la contagion au sens « étroit ».

Le premier canal de transmission dans ce cas-ci est celui de l’équilibre multiple basé sur la psychologie des investisseurs. Une crise dans un pays A peut créer un effet perturbateur sur le comportement des investisseurs qui n’auraient plus confiance dans un autre pays B et reverraient leurs anticipations à la baisse sur ce pays B. Ce dernier serait affecté bien que le problème initial vienne du pays A. Qu’il y ait des liens ou pas entre les pays n’a aucune importance dans ce cas-ci puisque la transmission de la crise à d’autres pays se fait par l’intermédiaire des investisseurs qui modifient leurs anticipations et non par la présence de liens réels entre les différents pays. Ce mécanisme où l’on passe d’un bon équilibre à un mauvais équilibre à cause de la psychologie des investisseurs peut être dû à l’effet de mémoire où un choc peut rappeler aux investisseurs une crise passée. Ces derniers anticiperaient une nouvelle crise alors que les fondamentaux de l’économie sont corrects. De plus, la structure des incitants et les changements dans l’aversion du risque complètent ce premier canal de la contagion. Certains évènements peuvent inciter les investisseurs à agir de telle ou de telle manière, par exemple de vendre fortement juste parce qu’il y a eu une mauvaise nouvelle sur la journée, alors que les fondamentaux restent les mêmes.

Un choc endogène de liquidité représente le deuxième canal de la contagion pure. Une crise peut entrainer une réduction de la liquidité des investisseurs puisqu’ils sont obligés de vendre certains actifs rapidement sur d’autres marchés pour répondre aux appels de marges sur un marché bien spécifique, ou encore pour respecter les règlementations mises en place par le régulateur. Cette vente en masse d’autres titres peut entrainer des baisses importantes du cours des titres financiers sur d’autres marchés. Une crise peut également provoquer un retrait important des capitaux bancaires dû à un changement soudain des anticipations des investisseurs, à une nouvelle interprétation des informations de la part de ceux-ci ainsi qu’à une révision des rendements anticipés des actifs.

Le troisième canal fait référence à la notion d’asymétrie de l’information. Les agents qui détiennent l’information agissent pendant que ceux qui n’en détiennent pas ne sont pas capables de déterminer si ce qu’il se passe sur les marchés financiers est dû à un problème de liquidité ou à une mauvaise nouvelle. Dès lors, ils ne peuvent pas distinguer la cause d’une vente soudaine qui peut être provoquée par un appel de marge ou alors par des mauvais fondamentaux dans l’économie en question. Sans informations parfaites, les investisseurs peuvent croire que des problèmes financiers dans un pays en entraineront dans d’autres pays, ce qui n’est pas nécessairement véridique. Ils auront d’ailleurs tendance à vendre les actifs qu’ils possèdent dans ces autres pays et ce mouvement de vente pourrait créer un effet de panique sur les marchés financiers.

Par ces différents canaux, les marchés, les pays ainsi que les institutions financières se retrouvent très fortement liés les uns avec les autres. Dès lors, il est peu probable qu’une crise se déroule sur un marché, dans un pays ou dans une institution financière, sans avoir aucune conséquence sur des tiers.

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Réduire la dette est nécessaire

Depuis les débuts de la zone euro, la dette de la plupart des pays n’a fait que s’accroître.  Au troisième trimestre de l’année 2012, le ratio de la dette publique par rapport au PIB s’est établi à 90% dans la zone euro, selon Eurostat. Les causes de cet endettement massif sont différentes selon le pays en question. Certains pays comme l’Irlande et l’Espagne par exemple ont décidé de sauver leurs banques et se sont fortement endettés au cours de ces cinq dernières années.

Prenons le cas de la Belgique. Son endettement avoisinera les 100% du PIB cette année, c’est-à-dire que sa dette équivaut à la richesse nationale produite sur une année. Néanmoins, il est nécessaire de souligner que la Belgique est le seul pays à avoir diminué son endettement depuis le début de la zone euro en janvier 1999. En effet, fin décembre 1998, son endettement se montait à 117.2% du PIB (Source : Eurostat). Les 16 autres pays ont vu leur endettement fortement augmenter entre fin 1998 et fin 2012. Le tableau ci-dessous reprend le ratio d’endettement pour l’ensemble des pays de la zone euro :

Pays Dette (% du PIB) 1998 Dette (% du PIB) 2011
Allemagne 60.5 81.9
Autriche 64.4 73.4
Belgique 117.2 99.6
Chypre 59.2 85.8
Espagne 64.1 84.2
Estonie 6 10.1
Finlande 48.4 53
France 59.6 90.2
Grèce 94.5 156.9
Irlande 53 117.6
Italie 114.2 127
Luxembourg 7.1 20.8
Malte 53.4 72.1
Pays-Bas 65.7 71.2
Portugal 51.8 123.6
Slovénie 23.1 54.1
Slovaquie 34.5 52.1

Selon les critères de Maastricht (Ces critères ont été signés par les membres de l’Union Européenne le 7 février 1992 et doivent être respectés par les pays membres de l’Union Européenne qui veulent entrer dans la zone euro), chaque pays se trouvant dans la zone euro doit présenter des finances saines, c’est-à-dire que le ratio « Dette/PIB » doit être inférieur à 60% et le déficit public annuel ne peut pas être supérieur à 3% du PIB. D’après les chiffres fin 2011, 15 pays sur 17 présentaient un endettement supérieur au critère de Maastricht. Il est donc nécessaire que chaque État, selon ses spécificités, prennent des mesures dans le but de réduire et de freiner cette spirale de l’endettement.

Aujourd’hui, la zone euro doit donc faire face à une augmentation de la dette ainsi qu’à une croissance très faible, voire négative pour les prochaines années. Dès lors, comment faire pour réduire la dette abyssale des pays ? Les pays en difficulté comme la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et Chypre prennent des mesures très difficiles pour l’ensemble des citoyens mais se doivent de le faire afin d’éviter de tomber encore plus bas, c’est-à-dire pour ne pas avoir un défaut de paiement de la part du pays ni une sortie de la zone euro, ce qui aurait des conséquences catastrophiques pour le pays mais également pour l’ensemble de la zone euro.

Et pour les autres pays, ils ne se trouvent pas encore dans une situation aussi douloureuse que ceux cités précédemment, mais il est primordial de prendre des mesures nécessaires afin de se prémunir du risque de voir la situation se dégrader. Si je devais comparer la situation d’un pays, je la comparerais avec la situation d’un ménage. Lorsqu’un ménage a des dettes (presque) équivalentes à ses revenus et qu’il voit ses revenus diminuer, il a deux solutions. Soit, il continue de vivre dans l’excès de l’endettement en n’adoptant pas son rythme de vie mais tout en se trouvant sur un fil, fil qui peut à tout moment se briser et avoir des conséquences désastreuses. La deuxième option, la plus responsable selon moi aussi bien pour le couple que pour leurs descendants, consiste à adopter une stratégie afin de réduire l’endettement. Pour cela, il faut passer par un changement de comportement et de style de vie qui ne sont pas des épreuves faciles mais qui peuvent se réaliser par une diminution des dépenses (exemples: limiter les vacances, le nombre d’objets électroniques non indispensables pour l’être humain, les vêtements de marque, les plats préparés,…). En d’autres termes, le couple doit adopter une réflexion afin de déterminer les éléments qui lui sont indispensables et mettre tout en œuvre pour diminuer ce qui n’est pas nécessaire à son bonheur.

La majorité des pays (que ce soit dans la zone euro mais également dans d’autres régions comme les États-Unis par exemple) et l’ensemble des citoyens ne peuvent plus vivre dans la surconsommation et le surendettement car, tôt ou tard, nous devrons payer les pots cassés. Des mesures difficiles, douloureuses mais surtout indispensables doivent être prises afin de réduire leur endettement. La Belgique n’y échappera pas et les faits montrent qu’il est temps de mettre en place les réformes nécessaires.

La Belgique est championne des dépenses sociales publiques de chômage. Avec un ratio «dépenses sociales publiques de chômage/PIB » établi à 3.7% en 2009, elle dépasse largement l’ensemble des pays de la zone euro. Par exemple, ce ratio était égal à 1.5% pour la France, 1.7% pour l’Allemagne, 1.4% pour les Pays-Bas et à 0.8% pour l’Italie (Source : OCDE). Ce système doit être réformé (Limiter la période d’allocations de chômage ? Diminuer le montant des allocations de chômage ?…).

La Belgique est championne du coût salarial dans la zone euro. Son coût horaire global s’élève à 37.2€,  nettement supérieur à la moyenne de la zone euro s’élevant à 28€ (Source : Eurostat). La Belgique présente des problèmes en termes de compétitivité, principalement dus à son mécanisme d’indexation des salaires. Ce système doit être réformé (Arrêter l’indexation automatique des salaires ? Diminuer les charges salariales afin de relancer les embauches ? Diminuer certains salaires?…).

De nombreuses autres pistes peuvent également être exploitées : augmentation de l’âge légal et effectif de la pension ? Réduction des pensions liées à certaines fonctions publiques ? Taxation des revenus liés à l’immobilier ?…

Néanmoins, ces pistes ne pourront fonctionner que si elles sont accompagnées d’un changement de mentalité et d’une volonté collective à y parvenir.

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Que sont la contagion et le risque systémique?

La mondialisation, la financiarisation de l’économie (en d’autres termes la place de plus en plus importante des secteurs financiers dans l’économie réelle), la circulation des capitaux et des travailleurs mais aussi le développement de nouvelles technologies comme Internet et la dérégulation complète des marchés financiers au cours des années 90 et 2000 ont accentué l’interdépendance des États, des entreprises mais également des citoyens du monde entier.

Cette interconnexion de l’ensemble des agents économiques a comme conséquence la propagation rapide liée à des problèmes affectant de près ou de loin les secteurs financiers.

En effet, que ce soit l’éclatement de la bulle internet au début des années 2000, la crise des subprimes en 2007, l’effondrement de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers en septembre 2008, la découverte du taux d’endettement et du déficit trop importants de la Grèce mais également de bon nombre de pays européens, toutes ces situations ont entrainé des répercussions négatives sur l’économie réelle (taux de chômage en hausse, croissance des faillites, croissance de l’économie faible voire négative, taux d’endettement croissants…).

Tout le monde parle de contagion financière, mais où se trouve vraiment son origine ? Ce phénomène est encore récent et n’est qu’apparu à la fin des années 90 où il prit tout son sens durant le mois de juillet de l’année 1997 d’après CLAESSENS et FORBES (2001) (ces mêmes auteurs ont écrit le premier ouvrage important sur la contagion dénommé « International Financial Contagion »). A cette époque, la Thaïlande s’est retrouvée prise au piège avec son système de « currency pegs » puisque sa monnaie était liée à plusieurs autres monnaies dont un dollar particulièrement fort. Dès lors, le pays n’était plus capable d’exporter autant de produits que ses concurrents voisins (car sa monnaie était relativement forte par rapport à d’autres monnaies, ce qui entrainait une hausse des coûts pour les entreprises voulant importer des produits thaïlandais). Ceci eut comme conséquence un déficit de sa balance commerciale et des pressions baissières sur sa monnaie. Au début, le gouvernement refusa de céder aux pressions exercées principalement par les managers de fonds spéculatifs (par exemple, George Soros a vendu à découvert pour deux milliards de dollars de la monnaie thaïlandaise). En gardant des taux d’intérêt suffisamment hauts, il pensait pouvoir continuer à attirer des capitaux étrangers dans le pays. Cette crise monétaire a eu des répercussions à travers toute l’Asie de l’Est (récession au Japon par exemple) mais également en Russie, qui imposait des taux d’intérêts exorbitants pour éviter un exode des capitaux étrangers, ainsi qu’au Brésil. Même les marchés développés d’Amérique du Nord et d’Europe ont été contaminés par cette crise monétaire puisque la volatilité des actions a augmenté durant cette période. Suite à cela, un fond spéculatif important dénommé Long Term Capital Management s’est vu obligé de demander l’aide de la banque centrale de New-York puisque la contagion de la crise l’avait affecté (MALLABY, 2010).

Il est nécessaire de clarifier le concept de contagion mais aussi de risque systémique puisqu’ils sont souvent utilisés mais pas toujours compris. De manière la plus générale, la contagion peut être définie comme l’occurrence d’un choc sur un ou plusieurs marchés, dans un ou plusieurs pays, ou bien pour une ou plusieurs institutions et la propagation de ce choc aux autres marchés, pays ou institutions (PRITSKER, 2001). Théoriquement, il existe deux définitions de la contagion : celle au sens étroit et celle au sens large.

D’un côté, il semble y avoir un consensus sur la définition de la contagion au sens étroit. En effet, la plupart des auteurs sont d’accord pour dire que lorsque deux économies (ou entreprises ou marchés) sont situées dans des régions géographiques différentes, ont des structures différentes et ne possèdent aucun lien direct, la propagation d’une crise d’une économie à une autre est la contagion au sens étroit, également appelée contagion pure. Cette dernière peut être associée à deux facteurs : le comportement des investisseurs qui n’hésitent pas à mimer ce que font les autres investisseurs (ce phénomène est appelé le mimétisme) et la panique financière où les actifs financiers sont nettement plus corrélés entre eux (CLAESSENS et FORBES, 2004).

Par contre, il semble y avoir bon nombre de désaccords pour savoir si le terme contagion doit prendre en compte la diffusion de turbulences sur les marchés financiers entre deux pays relativement proches grâce à leurs liens commerciaux et/ou financiers. Dans ce cas-ci, on parle de contagion au sens large et cette dernière est justifiée par les fondamentaux et correspond à un choc commun qui affecte plusieurs pays simultanément. Les chocs, qu’ils soient identiques ou non, affectent de toute façon différentes économies puisque ces dernières entretiennent des liens commerciaux et financiers les unes avec les autres. Il est également important de savoir que la plupart des gouvernements et des décideurs internationaux préfèrent prendre en compte la contagion au sens large. Cette définition prend en compte la vulnérabilité d’un agent économique (par exemple, un pays ou une entreprise financière) aux évènements (par exemple une crise ou une faillite) auxquels doivent faire face d’autres agents économiques, peu importe si des liens, quels qu’ils soient, existent déjà entre eux.

La contagion bancaire (c’est-à-dire la transmission d’un choc affectant une banque ou un groupe de banques et la manière dont ce choc est transmis aux autres institutions bancaires) est un sous-ensemble important du risque systémique.

Le risque systémique est défini comme le risque de devoir faire face à des évènements systémiques importants comme par exemple un crash financier ou une faillite bancaire. Ces évènements systémiques peuvent affecter négativement et de manière importante de nombreuses entreprises financières (banques, assurances, compagnies immobilières etc…) ou marchés financiers, ce qui a pour conséquence une instabilité financière. Cela fragilise le fonctionnement de l’ensemble du système financier et des institutions financières.

Néanmoins, il est nécessaire de souligner que cette fragilité ne se cantonne pas au seul système financier mais se propage très rapidement au point que d’autres agents économiques (c’est-à-dire les États, l’ensemble des entreprises et les citoyens) se retrouvent à leur tour fragilisés étant donné leur dépendance accrue au système financier…

 

Sources :

CLAESSENS, S., et FORBES, K, (2001), International Financial Contagion, Kluwer Academic Publisher, United-States of America.

CLAESSENS, S., et FORBES, K., (2004), « International Financial Contagion : The Theory, Evidence and Policy implications », Working Paper pour la conférence : « The IMF’s Role in Emerging Market Economies : Reassessing the Adequacy of its resources ».

MALLABY, S., (2010), More Money Than God: hedge funds and the making of a new elite, Bloomsburry Publishing, Londres.

PRITSKER, M., (2000), « The channels for financial contagion », in CLAESSENS, S., et FORBES,K., International financial contagion, Boston, Kluwer Academic Publishers.

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